mercredi 28 novembre 2012
La guerre d'Alan, Emmanuel GUIBERT
Un roman graphique sur la vie d'Alan Cope et sa guerre.
Le roman débute avec Pearl Harbor et se termine au début des années 2000. C'est la vie d'Alan boulversé par la guerre et toutes ces implications.
C'est un récit honnete et humble. Pas de combat sanglant et homerique, mais une odyssée a travers l'Europe. Beaucoup de rencontre et de retrouvaille. Un homme étonnant cet Alan.
Une vie riche et ordinaire, faite de bons moments et d'erreurs. Un recit sensible servit par un dessin qui n'est pas envahissant ou tape a l'oeil, peut-etre meme pas assez.
Une belle vie a mon gout avec des amities durable. Pas de violence, pas de sexe, tres pudique.
A la fin Alan est vieux, il fait le bilan, il change.
C'est tres simple, pas d'artifice, et tres beau.
Quelques planches dans le desordre ...
DMZ, Brian WOOD & Riccardo BURCHIELLI
Ca m'a pris un peu de temps et d'argent aussi pour prendre cette serie depuis le debut, a ce jour 11 fascicules.
C'est au coeur d'une amerique en proie a une nouvelle guerre civile que se deroule l'histoire a NewYork, devenue une zone tampon, une zone demilitarisée (DMZ)
Il y a les 2 grande faction qui ferment de part et d'autre le grande pomme :les états libres et les états unis. Au centre Matty Roth, qui se retrouve a la faveur d'un reportage abandonné au coeur de la cité.
Au fur et a mesure il va decouvrir plusieurs figures de la ville en ruine : Zee l'infirmiere, Kelly la reporter, Decade Later le grapher, Willson le mafieu, Soames l'activiste écolo, etc .. Au fil des épisodes l'auteur parle des états unis et des guerres qu'ils ménent. Il aborde les societé privé comme black water , les soldats mal preparés , les bavures, le terrorisme, les bombes sales, les traumatismes des civils, les exactions des bandes armées , les interets privé, la pauvreté, le role de l'ONU, etc ... Bref des questions et des cicatrices de guerre des USA, cette nation qui est toujours en guerre au Vietnam, en Afganistan, en Iran, ... vie ce qu'elle avait l'habitude d'exporter.
Au dela d'une transposition des crimes et situations de guerre le scenario évolue et est agréable sans être transcendant ou particulierement aletant. Le dessin est tres a mon gout et plusieurs épisodes ont un style graphique completement different grace a des guest.
Sympa a lire, les personnages sont attachants, c'est 'un peu' violent, pas sexe.
J'achetrai le prochain volume !
Quelques planches au hasard ....
vendredi 23 novembre 2012
Atelier du 15 novembre 2012
Il s'agissait d'ecrire un soliloque a la façon d'un extrait de ‘la chute’ d’Albert CAMUS …
La soirée est longue, interminable, assis sur le Chesterfield brun, face à l’imposant portrait de mon non moins imposant paternel, l’homme aux yeux de faucon.
Sur fond de silence tout neuf, avec une acuité qui m’etonne, je perçois le bourdonement du radiateur à bain d’huile au salon, le craquement de mes articulations et le frottement de mes chaussons sur les tapis.
Les marches de l’escalier qui mennent à ma chambre sont un cap difficile à passer...
Ne pas fixer le sommet, cela fait dangereusement tanguer les murs, non ! Je dois me concentrer sur mes pantoufles. Voila. Une par une les filles, on escalade ces vilaines marches. Allez ! Allez ! Al-lez …. Bien on y arrive … Bravo les filles, on y est !
J’y serai jamais arrivé sans vous, mes bonnes pantoufles !
Parvenu à ma chambre, le souffle court, je fais tomber le plaid écossais qui couvrait mes épaules et me voila dans mon vieux pyjama kaki et moutarde, pur pilou !
Je m’appuie sur le lit, peut-être un peu trop fermement, quand mon regard croise celui de mon père. Il est assis sur la bergere pres de la fenetre, severe, les jambes croisées, le regard dur.
Que fait-il ici ? C’est impossible !
Je fais comme si je ne le voyais pas. Je m’assieds sur le bord du lit qui balance comme un hamac.
Tout doux le lit, tout doux. Regarde tes pieds, les pantoufles, elles sont de ton coté.
Et maintenant c’est la piece qui tourne lentement tout autour de moi .. lentement mais surement. J’en profite pour jetter une oeillade vers la fenêtre : il est toujours là ! Il n’a pas bougé.
C’est pas possible, je dois rêver, il est mort il y a presque 5 ans.
Il faut que je me réveille, que je me fasse mal. Mais pour me pincer il faudrait que je lache une mains, trop dangereux ! Face à lui je ne peu pas prendre le risque. Je vais plutot essayer de me lever pour me servir un verre, ça va m’eclaircir les idées. Je maitrise.
Je me releve, l’air de rien. Je pense qu’il n’a pas noté la difficulté que j’ai a le faire.
Et avec l’aide de mes fideles pantoufles, je glisse jusqu’au gueridon, prés de lui.
Je me verse un verre de ce délicieux Glenfidish, single malt, 25 ans d’age, qui trone là.
Allons mes mains, arrêtez de trembler.
Couvrant le son familier de la cascade d’alcool qui coule, j’entends mon souffle, nasal, rapide et fort.
Allez,vas-y jette un oeil sur lui : ose !
Il me fixe toujours sous ses gros sourcils broussailleux.
Pour la convenance il faudrait que je le serve lui aussi …
Je m’eclaicis la voix … Heum heum …
Papa tu prendra bien un petit whisky ?
J’ai l’impression d’avoir de la vase dans la bouche. Peut-être qu’il ne m’a pas compris....
Papa, un verre ?
Qui ne dit mot consent : je te sers... u pire je le boirai a ta place !
... encore ... encore … encore ?
Ah, ça a debordé un peu.
Non, non, ne bouges pas, je vais nettoyer … oui évidement tu n’allais pas bouger.
Qu’est ce qui t’amenne ?
Non, forcement tu n’es pas obligé de me répondre ....
Sinon moi ca va, comme tu vois.
Il fait chaud, non ? moi j’ai chaud. Oui c’est vrai je dois etre malade, je suis toujours malade comme maman.
Pour combler son silence, je leve mon verre.
Elle aussi va bien, enfin elle va mieux. Ca à été dur pour elle, tu sais ?
Je ne la vois pas souvent, il faut dire que c’est tout une expedition d’aller jusqu’a sa maison de repos. Tu es allé la voir ?
Non, évidement … pourquoi je pose la question ?
Allez encore une gorgée de wiskhy !
Ah ça n’a pas été facile à ta … disparition.
D’ailleurs je voulais te dire que je suis désolé, je nai pas pu entrer au funerarium.
Oui, c’est vrai je n’y suis pas allé...
Et puis je voulais aussi te dire autre chose. Voila : j’ai toujours eu peur de toi.
Toi, tu m’ignorais le plus souvent ou bien tu te moquais de moi quand tu étais à la maison … Et moi je cherchais a attirer ton attention, a te plaire. Oui, tu vois maintenant ca me fait sourire.
Eh bien le jour ou j’ai appris ta mort j’ai été danser toute la nuit ! J’en avais besoin. C’est drole non ?
Allez, je leve mon verre à ta santé papa … enfin …. tu me comprends … Non biensur tu ne comprends pas, tu n’a même jamais essayé.
Ah et puis entre nous, quelle mort fabuleuse papa ! Tu es vraiment sorti en beauté !
Si, j’insiste ! Te faire tailler une pipe par ta maitresse dans ta voiture stationnée au bord de la route … et se faire emplafonner par une camionnette, bravo ! Elle est morte etouffée par ton penis tranché dans sa gorge et toi d’une hemoragie coincé dans la voiture … si si Bra-vo !
Six mois d’hopital psy pour maman qui dans l’histoire a quand même aussi perdue sa soeur.
Tu permets, je me ressers un verre.
Ah, j’en ai encore mis a coté. J’ai quatre pieds gauches comme tu disais.
Un petit coup de manche de pyjama et hop, c’est propre !
Tu ne dis rien ?
C’est amusant, je crois qu’on vient d’avoir la plus longue conversation depuis ma naissance !
Bon c’est pas le tout mais demain je travaille et je suis fatigué : je vais me coucher. Tu peux rester si tu veux, on continuera à discuter demain.
Bonne nuit papa. Tu m’as manqué.
mercredi 14 novembre 2012
Le son de ma voix, Ron BUTLIN
Encore un tres bon livre !
Le thème c'est l'alcoolisme. C'est incroyablement bien traité, le livre est a la 2eme personne du singulier, c'est la voix de Morris qui parle. Elle permet de vivre dans la peau de ce cadre de l'Angleterre de Thatcher qui possede une vie rêvée avec un bon boulot, un jolie pavillon, une femme aimante et des enfants. Pourtant il est deja loin sur la route de l'alcoolique.
C'est incroyablement bien senti. On voit par les yeux de Morris et on décole de la réalité. Il ne comprend pas toujours ce qui l'entoure, il est ivre tous les soirs ou presque et le monde change au fur et a masure des verres d'alcool.
C'est tellement bien vu que je me suis mis a penser que l'auteur devait bien connaitre le sujet ...
Un beau livre, sombre , douloureux comme lors des scenes ou il est soul devant les enfants ... C'est l'auto destruction du personnage principal qui pourtant a toute la sympathie du lecteur. Difficile a lire quand on est de bonne humeur et pourtant impossible de lacher l'histoire .
Un livre interessant .
Les premiere phrases ...
Le thème c'est l'alcoolisme. C'est incroyablement bien traité, le livre est a la 2eme personne du singulier, c'est la voix de Morris qui parle. Elle permet de vivre dans la peau de ce cadre de l'Angleterre de Thatcher qui possede une vie rêvée avec un bon boulot, un jolie pavillon, une femme aimante et des enfants. Pourtant il est deja loin sur la route de l'alcoolique.
C'est incroyablement bien senti. On voit par les yeux de Morris et on décole de la réalité. Il ne comprend pas toujours ce qui l'entoure, il est ivre tous les soirs ou presque et le monde change au fur et a masure des verres d'alcool.
C'est tellement bien vu que je me suis mis a penser que l'auteur devait bien connaitre le sujet ...
Un beau livre, sombre , douloureux comme lors des scenes ou il est soul devant les enfants ... C'est l'auto destruction du personnage principal qui pourtant a toute la sympathie du lecteur. Difficile a lire quand on est de bonne humeur et pourtant impossible de lacher l'histoire .
Un livre interessant .
Les premiere phrases ...
lundi 12 novembre 2012
Atelier du 1er novembre 2012
Avec un retard raisonable voici le texte produit pour cette session. Il s'agissait d'ecrire a la façon de Guy Foissy quand il donne au maccabé des oreilles pour écouter ce qui se dit a son enterrement ...
Bon, je sais, pour l'illustration je me suis fait plaisir :)
Amazing Grace s’acheve et je m’éveille lentement.
Le cercueil qui balançait de droite et de gauche vient d’être posé sans ménagement.
Je comprends que je suis a une cérémonie funèraire, la mienne.
Impossible de bouger englué dans mes ténèbres, impossible de crier non plus.
Calme, je me concentre sur les sons du dehors et je me rends compte que je ne respire pas. C’est inquietant mais c’est bon signe pour un mort …. un mort … eh oui je suis mort. Enfin mieux vaut que ce soit déjà fait :ça m’aurait ennuyé de mourir ici a mon enterrement asphyxié dans mon cercueil devant tout le monde.
Mais d’ailleurs, Comment est-ce possible ? Pourquoi ne suis-je pas au bout d’un sombre tunnel entouré de mes ancêtres baignant dans la lumière, ou bien en presence de quelque ange rayonnant … au pire de quelques démons fourchus! Mais non, rien.
Je tends l’oreille, c’est tout ce qu’il me reste. Ca chuchote, ca traine des semelles, ça se racle la gorge et ça renifle. Qui peut donc être venu ?
J’entends pas grand chose mais allez-y, que diable, mettez-y du coeur ! Pleurez !
Tout est calme, sauf un ronronnement sourd, lointain... Est ce que ma scélerate de femme me fait incinerer ? J’aurai du lui en parler … en même temps mourir à 34 ans je ne m’y attendais pas vraiment. Bon assumons que c’est la clim, je prefere un plein pied au Pere Lachaise, plutot qu’être un SDF du jardin du souvenir.
“Si la famille veut bien s’avancer et faire un dernier hommage au défunt” Résonne une voix forte, pas doute je suis à l’église. La derniere fois que j’y suis allé c’était pour me marier. On devrait jamais rentrer dans une église, c’est toujours pour y faire une connerie que l’on regrette apres coup.
“- Oh mon Henri ! mon chéri !” C’est elle, la bougresse, ma femme. Elle sanglote. Je ne la regretterai pas celle la . Mon pére avait raison. Ah elle peux même mourir celle-la que je porterai pas le deuil … enfin non, elle serait encore capable de me pourrir la vie dans la mort: Reste en vie ma chérie ! Ne viens surtout pas me rejoindre !
Déja d’autres personnes s’avancent... deux peut-être. Je reconnais le pas trainant de ma mère. Elle va encore se vanter à toutes ses copines qu’elle est la plus malheureuse, qu’elle a perdu son fils, tous les sacrifices qu’elle a fait ...etc ...etc ... Elle en rate pas une pour jouer la victime !
“ Repose en paix mon fils... Pourquoi ? Pourquoi mon fils ? … Jusqu’au bout il m’aura fait du soucis.” Et là dessus elle s’en retourne en se lamentant certainement soutenu par son dernier mari.
“- Henri tu es parti. Bonne route fils.” Mon père, routier de son metier, toujours tres observateur. Un optimiste. Il croit que je vais où ? Que je pars en vacances ? Ah mon père ! Bonne route à toi aussi.
Puis c’est le pas rapide et sec de ma soeur, perchée sur ses talons. Elle se racle la gorge, déglutie, elle semble genée.
“ Henri, je suis désolée, je me sens coupable. C’était notre idée à maman et moi de te faire ce cadeau... Mortel ! tu avais dit en prenant le coffret. Ah si j’avais su... Au moins tu n’as pas souffert, c’est le principal” Elle renifle un grand coup et s’eloigne lentemment, ses talons claquants au sol comme les sabots d’une jument.
Je n’ai pas le temps de reflechir que je perçois le pas lourd de Yannick, mon meilleur ami. Je le connais depuis le lycée, on a fait les 400 coups ensemble.
“ Repose en paix. La vie ne dure qu’un instant mais l’amitié est éternelle . Adieu l’Artiste… Repose en Paix… “ Bien, 4 phrases, il a du y passer la nuit. Et puis ‘adieu l’artiste’, il me prend pour un clown peut-etre ? Un clown ! Mais quelle mort de merde.
Enfin un petit groupe s’avance.
“Henri de la part de tous les collegues.” C’est Bethier, je le reconnais, le chef du CE. Il pose un truc lourd sur le cercueil. Pas la peine d’être medium, c’est du ‘made in china’. Ca a pas du leur couter cher, en tous cas moins cher que les verres qu’ils iront se payer apres la cérémonie.
“ Tu vas nous manquer, l’ami” C’est Debiez le comptable. Mais quelle bande de faux cul ! J’y crois pas ! Toujours a me vanner sur mes cheveux roux et ma petite taille. Et puis ca doit bien les arranger avec le plan social : ca fait un départ volontaire de plus !
Et Berthier qui répond “ Tu sais Debiez, c’est la vie : la mort ca peut arriver a n’importe qui.”
Mais pourquoi je dois me taper toutes ces conneries en guise d’oraison funèbre ?
“Toc TOC toc !
- Eheu ...qui est là ?
- Excusez moi, je suis en retard. J’ai eu une urgence avant de venir, un car scolaire en feu. Ca m’a pris un temps fou ! Allez sortez de la boite !
- Ah je peux ?”
Je m’assieds alors et j’ai la vision floue de silhouettes en rond tout autour, et d’un prêtre qui pontifie pres de moi : ca parle de dernier voyage et de poussiere.
On est dans une chapelle, à ma droite se tient un gars, brun, mal rasé, en impairméable gris avec a la main un formulaire.
“- Bon alors suicide, hein ? Remarquez avec des proches comme ça je comprends.
- non non ,c’était pas un suicide. C’etait un accident.
- Pardonnez moi, mais un type qui saute volontairement du haut d’un pont, pour moi c’est un suicide !
- Oui mais j’avais un élastique ! C’est un sport vous savez ?
- Desolé mais vous auriez eu l’elastique vous ne seriez pas ici: c’est un suicide ! Quoique la thèse de l’accident expliquerait vos derniers mots particulierement bien sentis : ‘ Et meeerde !’ Enfin c’est pas mon probleme, voici votre citation à comparaitre.”
Je dois avoir l’air d’un ahurie car il enchaine “ vous savez, le jugement des âmes ? Vous étes bien catholique romain, nan ?
- Oui , enfin pas très pratiquant.
- C’est pas important. Allez, on se dépèche , j’ai un alzheimer après vous et si je tarde, je vais jamais le retrouver !
Le prêtre termine son sermon monotone : “ ...Et vous, chrétiens, frere, ami, l’homme que vous regrettez a changé son existence fragile et mortelle pour l’imortalité bienheureuse. Quel espoir d’être un jour à nouveau réuni avec lui dans ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre ! Que cela tarisse vos larmes et ranime votre courage. Allez en paix, tous les prix de la vertu vous attendent.”
Fort a propos ma femme se mouche bruyament et je quitte ce monde.
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