dimanche 7 octobre 2012

atelier du 27 sepembre 2012




 Tentative d'écriture librement inspiré par la citation suivante:
"- Et les poils ? demanda-t-il ?
- Toujours rien.
- Fais voir.
Docile, elle se leva et quitta sa culotte. Il lui souleva le bas de sa robe et regarda avec attention;
- Toujours rien, constata-t-il.
Elle baissa la tête.
- Et toi ?
Toujours rien non plus."



        


"- LA LICORNE ROSE INVISIBLE ????? C'est quoi ça ? Une nouvelle religion ?"

Le vieil inspecteur est furieux ! Et Bertier, son jeune adjoint à qui la question s'adresse, bredouille quelques :
" - Bah .... eheuuuu... bien ...
- 40 ans de carrière et j'ai jamais vu une scène de crime comme ça !
- Oui inspecteur, s'aventure Bertier.
- On a donc le cadavre d'une fillette d'à peu près 11 ans en robe de princesse bleu, sans tête , au milieu d'un jardin d'hivers à l'abandon .
- Oui inspecteur, récidive Bertier. Et j'ai retrouvé le taille haie plein de sang derriere ce ficus... sans doute l'arme du crime."
L'adjoint hésite un moment avant d'enchainer :
" - Inspecteur, excusez-moi, mais je ne suis pas sur qu'il soit approprié de fouiller la culotte de la victime.
- Je cherche des preuves Bertier. Tenez, approchez vous. Approchez-vous vous dis-je ! Regardez, elle est poilue .
- Ah oui, oui. Effectivement, c'est troublant pour une fillette d'approximativement 11 ans.
- Et vous voyez ce piercing à son nombril ?
- Oui inspecteur, alors ce serait une naine ..."

Les deux policiers sont penauds, plantés là par ce triste après midi d'automne, rongés par le doute sous les vitres grises de la serre dubitant et suputant in peto ... C'est alors que, dans cette petite jungle surchauffée et nauséabonde, déboule au pas de course un agent brandissant un sac plastique Auchan 'Vivons mieux, vivons moins chère!' étrangement lesté.
" Inspecteur ! Inspecteur ! on a trouvé une tête ! "
Il se poste entre les deux hommes et ouvre le grand cabas ...



   
"- Inspecteur ... la tête ... Elle est barbue ... ,commente Bertier.
- Pourtant elle a été rasée de prés, plaisante le planton !
- Inspecteur, il s'agirait donc d'un transexuel travesti atteint de nanisme ... mais quel rapport avec l'inscription sur le sol 'la licorne rose invisible' ?
- Doucement Bertier, doucement ! Pas de conclusion hative ! D'abord je ne crois pas qu'un transexuel puisse avoir une barbe ... Brigadier, où avez vous trouvé ce sac ?
- Dans le panier de linge sale de la chambre à coucher, inspecteur."
Saississant l'opportunité de briller, Bertier mène l'enquête :
"C'est pas l'endroit rêvé pour faire disparaitre une tête et empêcher l'identification. Donc récapitulons, pas de trace d'effraction, pas de trace de lutte, ...
- Bordel , coupe l'inspecteur, c'est pas un suicide ni une maladie infantile, je sais ! Alors laissez-moi reflechir !
- C'est peut-être pas la tête de la victime, tente à son tour le brigadier en grattant son crane lisse et humide sous le képi. MMMmmm.
- Inspecteur, reprend Bertier, vous ne trouvez pas qu'elle vous ressemble cette tête ?"

L'agent porteur du sac observe la tête puis l'inspecteur, puis la tête, l'inspecteur, la tête et l'inspecteur avant de rendre son verdict :
" Bah oui, c'est vrai ça ... vous avez pas un frere inspecteur ?
- NON MAIS VOUS RIGOLEZ TOUS LES DEUX !!!! J'en ai assez entendu, je vais vidanger le café ... quelqu'un sait où sont les toilettes ?"
Bertier désigne face a lui une petite porte verdatre aux deux lettres rouges placardées : WC. Dans un soupir de desespoir l'inspecteur se dirige vers la porte, l'ouvre et se retrouve dans de minuscules toilettes à la turque d'un autre age. Puis cherchant dans sa braguette il s'écrit :
- IL EST PLUS LA ! Il a disparu !
- Comment inspecteur ? lui parvient la voix assourdie de Bertier.
- RIEN ! RIEN ! Hurle l'inspecteur mais dans sa caboche ça carbure à 100 à l'heure. Comment est-ce possible ? La licorne rose invisible ? Le nain transexuel sans tête ? .. 40 ans de carriere .. c'est quoi ce cirque ?

Il transpire; cherche encore dans son pantalon; son coeur tape presque douloureux quand il remarque un régiment de cafards qui traverse les toilettes de gauche à droite dans un pas presque cadencé. Halluciné, la main toujours dans la poche kangourou de son slip blanc, il reçoit un choc magistrale sur le crane. L'inspecteur s'accroupi en cherchant du regard d'où a bien pu venir le coup. Peut-être une trappe au plafond d'où l'auteur de l'agression aurait pu commettre son forfait ?
PAF !
Pas le temps de reflechir qu'une grosse baffe s'abat de nouveau, sur son visage, pleine face !


"Chérie réveille toi ! C'est honteux ! Tu te masturbe au lit !"

Il est couché, en pyjama rayé, pantalon sur les talons, verge a la main. Les yeux grand ouverts, il fixe son épouse, accessoirement la championne de boxe féminine mi-lourd du commisariat.
"J'ai épousé un pervert ! J'ai épousé un pervert, repete-t-elle en sanglotant bruyament ! "
Epuisé, il se demande s'il n'aurait pas été plus facile d'élucider le crime de la licorne invisible plutôt que d'essayer de convaincre son épouse qu'il a été la victime de démangeaison nocturne.






vendredi 21 septembre 2012

Les contrées du rêve, HP LOVECRAFT





De beaux textes qui se completent , se repondent et finalement forment un tout a travers l'histoire de Randolph Carter. Tout s'imbrique pour dessiner  la cartographie des songes de Lovecraft car pas de doute ce Mr Carter c'est lui !  Il est souvent un peu paranoiaque quoique bien moins qu'il ne le sera dans le mythe de Cthulhu : Ce qui est exterieur est laid, ce qui est ancien est plus puissant, on ne peut faire confiance aux dieux, notre réalité n'est qu'un triste leure, etc ...


Le coeur du livre c'est donc la quête de Randolph Carter, arpenteur de rêve, decu par le monde, trahit par les dieux, insatisfait des idées humaines etriquées. Il cherche la legendaire citée de Kadath situé  par dela notre monde de l'éveil.  J'ai particulierement apprécié la nouvelle de la clé d'argent qui semble être la voix-même de Lovecraft, il essaie de se fondre dans la société mais il en ressort desabusé , écoeuré et rêve de la vie simple de son enfance.

Un scenario quelques fois un peu daté avec les peuples étranges de la lune, l'armée des chat qui convoque des assemblés et tend des embuscades  ou un Yogi indien que l'on verrait bien réalisé par Melies. La traduction ( nouvelle ) quant a elle ne m'a pas convaincu. Le traducteur a surement voulu coller au texte au detriment d'une certaine coherence litteraire, et le résultat ne temoigne plus de l'ambiance si particuliere des romans de Lovecraft. Je prefere l'ancien traducteur , plus académique. Mais ça se lit bien :)












Extrait :
"Kuranes n'était pas moderne. Il ne pensait pas comme les autres écrivains, qui s'efforcent de dépouiller la vie de ses robes brodées de mythes, et de montrer dans toute son horrible nudité cette chose répugnante qu'est la réalité. Kuranes, lui, ne se souciait que de beauté. Quand l'expérience et la vérité échouèrent à la révéler, il partit la chercher dans l'illusion, dans l'imagination, et la trouva sur le seuil même de sa maison, parmi les souvenirs nébuleux des contes et des rêves d'enfants.
Peu de gens savent quelles merveilles les attendent dans les histoires et les visions de leur jeunesse. Car enfant, lorsque nous écoutons et rêvons, nos pensées ne sont qu'à moitié formées. Alors qu'une fois devenus adultes, quand nous essayons de nous les rappeler, le poison de la vie nous a rendus pragmatiques et étroits d'esprit. Pourtant, certains d'entre nous se réveillent la nuit avec d'étranges fantasmes de collines et de jardins enchantés, de fontaines chantant au soleil, de falaises dorées surplombant le murmure des vagues, de plaines descendant vers de somnolentes cités de bronze et de pierre [...]. Nous savons alors que nous avons regardé de l'autre coté de ces portes d'ivoire donnant sur ce monde de merveilles qui était notre avant que nous ne devenions sages et malheureux."


Soil , Kaneko ATSUSHI



Ca faisait longtemps que je ne m'etais pas lu un manga ....






L'action se deroule dans une citée nouvelle au Japon, une citée dortoire horizontale. Une citée sans probleme. Et puis il y a eu cette coupure de courant et l'enlevement de la famille Shizushiro et d'un policier municipale en patrouille a ce moment de la nuit. Au matin un tas de sel est retrouvé dans la cour du lycée et dans la maison de la famille disparu.


On suit alors une équipe de flics mandatés pour mener l'enquête : un vieux policier obscène, une jeune recrue laide mais très volontaire et un paresseux très peu motivé. D'une enquete de routine teinté d'etrange, on decouvre que cette ville qui parait si lisse a ses secrets : adultere, pedophilie, folie, harcellement, trafic , viol , assassinat, etc .. et on bascule dans le fantastique ... bon je ne vais pas spoiler la fin ! Mais l'auteur fait monter la pression pour arriver au point d'orgue final.
La serie de 11 volume se lit vite, les dessins changent du style manga habituel et sont agréables ( a mon point de vue !)
On a parfois l'impression que l'auteur lui-même explore plusieurs directions et quelques éléments n'amennent rien d'utiles, au contraire, comme l'intervention de la prefecture avec ces 2 femmes qui surveillent l'enquete en permanence.


C'est une lecture sympa sur le theme de la réalité et du surnaturel, de l'ordre des choses et des apparences. Et puis ca change de tous les shonen !

Quelques pages issues du premier tome :












vendredi 31 août 2012

L'enfant de la haute mer, Jules SUPERVIELLE




Ah qui ne l'a pas lu a l'ecole ?
Ca m'a fait plaisir de retrouver ce conte particulierment bien illustré par Jacqueline Duhême qui exprime bien ce coté onirique et enfantin du conte.


Bref une edition interessante pour faire decouvrir ce tres beau texte.


lundi 27 août 2012

Les quatrains d'Omar KHAYYAM

Voila ce que j'avais comme references concernant Omar Khayyam, ce poete-mathematicien-erudit de la Perse du XIeme siecle. Un mulsuman ouvert a la vie qui avait eu quelques deboire avec les integristes de son temps mais montrait un Islam epicurien, sceptique quant aux dogmes, aux extremismes et aux moralisateurs puisqu'a la fin tout est vain : « Ne crois pas que tu sauras quelque chose quand tu auras franchi la porte de la Mort. Paix à l'homme dans le noir silence de l'Au-Delà ! »

Ci apres ce que j'avais noté de lui :

Autrefois, quand je fréquentais les mosquées,
je n'y prononçais aucune prière,
mais j'en revenais riche d'espoir.
Je vais toujours m'asseoir dans les mosquées,
où l'ombre est propice au sommeil.
...
Lorsque je serai mort, lavez-moi avec le fus de la treille;
au lieu de prières, chantez sur ma tombe les louanges de la coupe et du vin.
Si vous désirez me retrouver au jour dernier,
cherchez-moi dans la poussière du seuil de la taverne.
...
Je veux boire tant et tant de vin
que l'odeur puisse en sortir de terre quand j'y serai rentré,
que les buveurs à moitié ivres de la veille qui viendront sur ma tombe
puissent, par l'effet seul de cette odeur, tomber ivre-morts.
...
Puisse l'amant être toute l'année ivre fou,
absorbé par le vin, couvert de déshonneur!
lorsque nous avons la saine raison, le chagrin nous assaille de tous côtés;
à peine sommes-nous ivres, eh bien, advienne que pourra!
...
Elle passe bien vite la caravane de notre vie !
Sois sur tes gardes, ami, car c'est le temps de la joie qui s'echappe ainsi
Ne perds rien de l'instant, ne pense pas au lendemain de cette nuit
Prends du vin et saisis les doux moments de la vie.
...
Où est donc la musique ? Où est le vin ?
Vite, faisons honneur à la gourde! Heureux qui se souvient du vin du matin!
Oh! il existe en ce monde trois choses qui sont chères:
une tête prise de vin, une belle amoureuse et le bruit du matin.
...
On assure qu'il y a un paradis peuplé de femmes vierges,
qu'on y trouvera du vin limpide et du miel.
N'est-il donc pas permis d'aimer le vin et les femmes ici-bas,
puisque notre fin aboutie déjà à cela?
...
Demain, j aurai franchi le mont qui nous sépare,
avec un bonheur indicible je prendrai une coupe de vin.
Ma maîtresse m'est favorable, le temps m'est propice :
Si je ne m'empresse de jouir d'un tel moment, quand donc jouirai-je?
...
J'ai bien longtemps cherché dans ce monde d'inconstance
qui nous sert un moment d'asile; j'ai employé dans mes recherches
toutes les facultés dont je suis doué; eh bien! j'ai trouvé que la lune pâlit
devant l'éclat de ton visage, qu'à côté de ta taille le cyprès est difforme.
...
Pour l'amour je suis prêt à subir tous les blâmes,
si je transgresse mon serment, j'accepte d'en subir la peine.
Oh! dussé-je endurer jusqu'au jour dernier les tourments qu'il me causes,
Que ce temps me semblerait encore trop court.
...
Mon pauvre coeur, plein de douleur et de folie
n'a pu dissiper l'ivresse d'aimer.
Oh! le jour où le vin de cet amour a été distribué,
ma coupe a été sans doute puisée dans le sang de mon coeur!
...
Pendant que je tirais l'horoscope du livre de l'amour,
tout à coup, du coeur brûlant d'un sage sortirent ces mots:
"Heureux celui qui en sa demeure possède une amie belle comme la lune,
et qui a en perspective une nuit longue comme une année!"




Puis j'ai acheté cette traduction dite plus fidele que celle commune de Fitzgerald, et debarassée des ajouts apocryphes. 

Je l'ai lu .

Et c'est un tout autre homme que l'on nous montre. Un religieux qui parle de l'ivressse du vin comme image de l'ivresse du divin. Qui met en garde et moralise. Il devient un soufiste fidele bien loin de l'image qu'on lui connait. Un precheur de plus.  
Selon le traducteur il existe bien des poetes persans parlant d'amour et ecrivant des vers sensuels mais "il est inconcevable de mettre le sheik Khayyam dans la même categorie.La passion d'amour [...] est dirigé exclusivement vers le Dieu créateur."
"Les lecteurs ont souvent trouvés des expressions d'ignorance, outrageantes et même heretiques, qui ont été citées intentionnellement pour présenter l'auteur sous un certain angle." Bref Khayyam est un religieux soufiste a qui les occidentaux volontairement ont detourné le message pour en faire un dissident de l'Islam.

Mon gout va vers le poete persan plutot que vers le pretre soufi. Peut-etre la verité est-elle entre les deux propositions comme bien souvent.

Pour conclure je n'ai pas beaucoup apprecier cette traduction nettement engagée religieusement ... mais j'aurai du me douter puisqu'elle est editée chez Albin Michel en collection spiritualité vivante :(